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samedi, 25 juin 2005

Il fait chaud...

...Alors on vous offre une petite glace pour vous raffraîchir. Brrrrr...

Jim

16:08 Publié dans 14e arrondissement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Paris

Daniel Pennac : le plaisir de lire

C'était en septembre 1985. Il y a presque 20 ans. J'étais lycéen. Un élève de 1ère comme les autres qui prépare son bac français.

Je me souviens de ce professeur avec sa drôle de bouche en canard et ses petites luntettes rondes d'animateur trotskyste. Il rentre dans la classe et sort de sa veste en velour noir "Le Parfum" de Patrick Süskind [NDLR : Que nous ajoutons exceptionnellement à notre liste de recommandations dans la colonne de gauche]. Il s'installe sur l'estrade branlante derrière un bureau vermoulu et dégradé, victime expiatoire de l'éternel affrontement entre élèves et maîtres. Il ne dit pas un mot. Il nous regarde. La classe s'interroge. Qu'est-ce que c'est que ce zozo ? Voilà qu'il se met à lire les premières pages du roman, pages que je n'ai jamais oubliées. C'est lhistoire de Jean-Baptiste Grenouille, un bébé abandonné devant un couvent, recueilli par un prêtre attendri puis effrayé car ce bébé n'a pas d'odeur...

Le petit jeu va durer à notre grand effroi près de deux mois, occupant un espace temporel crucial tandis que nous devrions préparer des textes pour notre baccalauréat et poursuivre notre entraînement à la dissertation. Enfin, la première arriva. Sujet : Flaubert a dit "Lisez pour vivre". Commentez. Quelle joie j'avais eu à expliquer à ce vieux bonhomme que l'histoire étant née avec l'invention de l'écrit, l'historien était un assassin qui avait eu la peau du préhistorien qui lui ne savait pas lire et en était mort... Flaubert avait donc raison... Hin, hin, hin...

Mais la grogne était sourde et s'élevait peu à peu. Nous perdions notre temps à ne pas le gagner et en plus, il fallait supporter ça, cette lecture à haute voix d'un mauvais prof ou d'un bon acteur qui jouait avec les mots. Combien de temps cela allait-il durer ?

Certains, mécontents, finissaient par acheter le livre dans l'espoir que la fin dévoilée leur épargnerait le calvaire d'une histoire inachevée. D'autres, plus langoureux, se laisseront bercer jusqu'à la fin.

Notre classe de 1ère présenta finalement très peu de textes au bac, et nos examinateurs semblaient insensibles à notre thème de l'année : le temps dans la poésie amoureuse. En ce qui me concerne, j'héritais à l'oral d'un magnifique poème de Prévert (un auteur du 14e) : le Jardin (qui se trouve être le Parc Montsouris dans le 14e). Il y a des choses qui ne s'inventent pas.

Le professeur s'appelait Daniel Pennac. Enfin, son nom était un peu plus long à l'époque, mais Pennac, ça sonne mieux. Ca claque comme le pétard d'une vieille à la sortie du cabas. Les résultats de notre classe ne furent pas meilleurs ou plus mauvais que ceux d'une autre. Mais ils sont nombreux parmi ceux qui usèrent leur fond de culotte sur les bancs de cette classe là, à ne plus avoir jamais laché un bouquin de leur vie ...quand d'autres passent leur temps à astiquer un clavier AZERTY de leurs 10 doigts menés par les quelques neurones qu'il leur reste.

Cette expérience, nous vous proposons de la revivre dans le 14e. Cela s'appelle "Lire, Lire, Lire. Quel Plaisir". Nous avons découvert ce petit flyer qui sent bon les couvertures et le papier jauni au détour d'une conversation avec Hugues Aubin autour d'un stand à la Fête du journal La Page.

medium_comme_un_roman.jpg


Alors, faîtes l'essai. "Le savoir, des pierres dans un sac. La culture, une graîne dans un pot." Qui a bien pu dire ça...

Pierre Vallet